NEWS/UPDATE

Prestation de serment de Jovenel Moïse au Parlement, une «simple formalité»

Prestation de serment de Jovenel Moïse au Parlement, une «simple formalité»

Il n’y aura pas de schisme au sein des blocs politiques prêtant allégeance à Jovenel Moïse au Parlement, la prestation de serment de l’homme de la banane sera une douce ballade, quoiqu’épinglé dans une affaire de «possible blanchiment de capitaux» et entendu à cet effet, la semaine écoulée, par un juge d’instruction dont l’ordonnance est encore dans les limbes. «Nous sommes unis. Nous attendons le président avec sérénité et calme» , balance, de son bureau, Jean Viller Jean, premier secrétaire de la Chambre basse, et accessoirement membre de l’APH. Le député de Croix-des-Bouquets, dans un grand rire teinté de nonchalance, confie in fine que Jovenel Moïse sera «installé président avec ou sans l’Assemblée nationale». Vous blaguez? Non, dit-il, sourire en coin, non préoccupé par les rumeurs laissant comprendre que rien n’est encore joué. «Ce sera une simple formalité», renchérit Alfredo Antoine, député de Kenscof. Lui aussi ne se fait pas de souci, brandissant la constitution, mettant les sénateurs ayant menacé de boycotter cette séance face à «leur obligation» auxquelles ils ne peuvent «se dérober». Il n’en dira pas plus, alors qu’au Bicentenaire, chaque petit pas, chaque déclaration sont scrutés à l’aune de la perception des jeux politiques. Un important sénateur, pro PHTK, pouffe de rire quand on lui demande si la prestation de serment du président élu va se dérouler sans épines, voire sans ces coups de théâtre auxquels on est si habitué ici. «Ils ne faisaient que du chantage par cette démarche. C’était un feu de paille», cingle-t-il, dans une claire allusion aux quatre sénateurs ayant conditionné leur participation à la séance à l’éclaircissement du dossier de l’UCREF. En off, un député, grand tacticien de l’APH, laisse transparaître son exultation après la prestation de serment de Wilfrid Gelin à laquelle il a participé, parce libéré de tout engagement, parce que la Chambre des députés n’envisage de tenir séance qu’après le 7 février. Au sortir de l’hémicycle, il a soutenu qu’ils [les parlementaires PHTK et alliés] sont venus à bout des sénateurs proches de lavalas qui ont juré de faire dérailler la séance de mardi prochain. « Maintenant même avec leur absence, le quorum ne sera point infirmé », pavoise-t-il, misant gros sur leur « majorité ». Cholzer Chancy, lui, président de la Chambre basse, s’est confiné à dire que les «préparatifs vont train». Le sénateur lavalas Évalière Beauplan, enfermé dans un mutisme depuis peu, s’est fendu jeudi d’un énigmatique message sur WhatsApp: «Vous aurez la position officielle des 4 sénateurs sous peu!» Depuis tantôt deux semaines, les quatre parlementaires de souche lavalas qui avaient écrit la lettre demandant des éclaircissements sur le cas Jovenel Moïse ont abandonné le Bicentenaire. On ne les y aperçoit guère; ils boudent aussi bien les séances plénières au Sénat que l’Assemblée nationale d’hier où les élus ont ratifié l’accord de Paris. Youri Latortue, le président du Sénat, ne commente pas, préférant laisser entendre qu’il y a des pas dans la bonne direction. Le président du grand Corps a évoqué des «conversations informelles» avec des élus de différentes tendances et tous s’accorderaient, de prime abord, à rendre l’Assemblée nationale de mardi 7 février possible, laquelle devant consacrer Jovenel Moïse comme le 45e président de la République. Au Sénat, avec la validation mardi des pouvoirs de Wilfrid Gelin, sénateur Centre, les caciques du PHTK peuvent souffler, après les inquiétudes d’il y a 15 jours. Tout s’annonce bien pour la prestation de serment et pour la suite.

Harold Marius

February 3rd, 2017

No comments

Comments are closed.

Streaming Solutions by Server Room