|
50.000 bâtiments sont à démolir et 50.000 autres pourront être réparés, suite au seisme du 12 janvier dernier qui a détruit la capitale à 70% et gravement affecté d’autres régions du pays, suivant les conclusions d’une évaluation de l’ONU

|
Six mois après le séisme du 12 janvier, le psychiatre Harrison Ernest estime que la population haïtienne est toujours traumatisée à cause notamment de la situation difficile qui prévaut dans le pays et face aux incertitudes de l’avenir
« Allez demander au ministre de la Santé publique combien d’organismes nationaux ou internationaux interviennent au niveau de la santé mentale en Haïti et vous verrez qu’il ne pourra pas vous répondre », lance le Dr Harrison Ernest, responsable du programme Santé-plus Haïti (SSM/PSPH), lors d’un point de presse le 12 juillet au local du PSPH à l’Avenue Magloire Ambroise.
A cette occasion, le psychiatre Ernest et le psychologue Gué Gabriel ont fait le point sur la situation psychologique de la population haïtienne six mois après le séisme.
Avant le 12 janvier, le ministère de la Santé publique ne disposait déjà pas d’une unité chargée de la santé mentale, regrette le Dr Harrison Ernest, président du PSPH qui plaide pour un véritable plan national de santé mentale en Haïti.
Avant le 12 janvier, la population haïtienne vivait une situation traumatisante causée, entre autres, par la crise des coopératives, l’effondrement d’écoles à Port-au-Prince, la crise politique, les inondations répétées, les multiples incendies de marchés publics, a fait remarquer le Dr Ernest.
Or, poursuit le médecin, Haïti ne compte qu’une vingtaine de psychiatres pour une population de plus de 9 millions d’habitants.
Généralement les psychologues haïtiens ne travaillent pas sur leur profession et le pays compte deux hôpitaux publics spécialisés dans la santé mentale, et tous deux sont situés dans le département de l’Ouest.
Les rares centres privés existant dans le pays ne sont pas vraiment fréquentés puisque les individus confrontant des problèmes de santé mentale se tournent généralement vers les églises ou vont consulter le prêtre vaudou, ajoute Dr Ernest.
Plus loin, le psychiatre Harrison Ernest dit apprécier à sa juste valeur l’importance des interventions d’ONG locales et internationales pour apporter un appui psychosocial au peuple haïtien après le 12 janvier. Cependant, fait-il remarquer, cette assistance peut-être assimilée à du saupoudrage puisque plusieurs institutions usent des mêmes techniques pour aider une population donnée alors qu’à d’autres endroits les gens ne sont pas touchés.
Le séisme du 12 janvier a provoqué un énorme traumatisme qui a entrainé des perturbations au niveau du psychisme collectif haïtien.
Comme conséquences l’on observe le développement de comportement anormaux comme le tremblement des membres, l’hyper vigilance, des troubles de mémoire, beaucoup de stress et d’angoisse, a précisé pour sa part le psychologue Gué Gabriel.
Les Dr Ernest et Gabriel recommandent enfin aux autorités « d’adresser les vrais besoins des membres de la population pour leur redonner goût à la vie ».