Haïti-Rép. Dominicaine : Plus de 2,500 rapatriements durant le premier semestre 2010
 

Entre janvier et juin 2010, (un nombre de) 2,522 personnes, dont 1,650 hommes, 632 femmes et 240 enfants, ont été rapatriées en différents points frontaliers par les autorités de la République Dominicaine vers Haïti, suivant les données recensées par des organismes œuvrant sur la problématique insulaire et rapportées à AlterPresse par le Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (Garr).

Pour la période considérée, 2,219 personnes (1,362 hommes, 620 femmes et 237 enfants) ont été ramenées dans le département frontalier du Nord-Est, selon les données collectées par Solidarite Fwontalye, membre du service jésuite aux réfugiés et migrants (Sjrm).

249 personnes, soit 234 hommes, 12 femmes, 2 garçonnets et 1 fillette, ont été reconduites au Bas Plateau central, à la frontière de Belladère / Commendador (Elias Pina), durant les 6 premiers mois de l’année 2010. 29 hommes à Bòk Banik et 25 à Thomassique, dans le Haut Plateu Central, ont été rapatriés durant la même période par les autorités dominicaines, relate le Garr.

Alors qu’entre janvier et mars 2010, seulement des cas de refoulement ont été enregistrés, les premières opérations de rapatriement ont commencé à Belladère le 23 mars 2010, signale le comité de droits humains de Belladère (Komite dwa moun Beladè / Kdmb), membre du réseau frontalier Jeannot Succès (Rfjs).

A Belladère, des personnes rapatriées font état de divers cas de dépouillement de leurs biens par les militaires dominicains qui ne leur ont délivré aucun document, comme cela se faisait dans le passé, dénonce le Kdmb.

Les dispositions de rapatriement, qui avaient été suspendues quelques semaines après le tremblement de terre du 12 janvier 2010 en Haïti, ont été reprises par les militaires dominicains en accord avec les services d’immigration de la république voisine, annonçait récemment Sigfrido Pared Perez, directeur de l’immigration en République Dominicaine.


50.000 bâtiments sont à démolir et 50.000 autres pourront être réparés, suite au seisme du 12 janvier dernier qui a détruit la capitale à 70% et gravement affecté d’autres régions du pays, suivant les conclusions d’une évaluation de l’ONU

L’opération a été conduite par le Bureau des Nations unies pour les services d’appui aux projets (Unops), qui a annoncé avoir évalué 200 000 bâtiments en 91 jours.

300 ingénieurs haïtiens formés par l’organisation et accompagnés par des experts étrangers ont été mobilisés.

Suivant les résultats de l’évaluation 25% des structures inspectées devront être rasées et un peu plus d’un quart pourront être réparées. Le reste a été déclaré sécuritaire.

Les ingénieurs accompagnés de travailleurs sociaux ont visité les bâtiments dans les zones touchées en priorisant les écoles et les foyers situés au voisinage des camps les plus surchargés.

Le principe utilisé a cependant été critiqué dans la presse par certains ingénieurs qui se posent des questions sur la méthode utilisée.

Il s’agissait de marquer au vert les bâtiments qui peuvent être occupés sans danger. La couleur jaune a servi à identifier ceux qui doivent être réparés et le rouge ceux qu’il faut raser.

Certaines structures marquées au rouge auraient pu être réparées tout bonnement, soutiennent des détracteurs de l’opération.

Le projet de l’Unops a bénéficié du financement de la banque mondiale et du soutien du ministère haïtien des travaux publics.


Six mois après le séisme du 12 janvier, le psychiatre Harrison Ernest estime que la population haïtienne est toujours traumatisée à cause notamment de la situation difficile qui prévaut dans le pays et face aux incertitudes de l’avenir

« Allez demander au ministre de la Santé publique combien d’organismes nationaux ou internationaux interviennent au niveau de la santé mentale en Haïti et vous verrez qu’il ne pourra pas vous répondre », lance le Dr Harrison Ernest, responsable du programme Santé-plus Haïti (SSM/PSPH), lors d’un point de presse le 12 juillet au local du PSPH à l’Avenue Magloire Ambroise.

A cette occasion, le psychiatre Ernest et le psychologue Gué Gabriel ont fait le point sur la situation psychologique de la population haïtienne six mois après le séisme.

Avant le 12 janvier, le ministère de la Santé publique ne disposait déjà pas d’une unité chargée de la santé mentale, regrette le Dr Harrison Ernest, président du PSPH qui plaide pour un véritable plan national de santé mentale en Haïti.

Avant le 12 janvier, la population haïtienne vivait une situation traumatisante causée, entre autres, par la crise des coopératives, l’effondrement d’écoles à Port-au-Prince, la crise politique, les inondations répétées, les multiples incendies de marchés publics, a fait remarquer le Dr Ernest.

Or, poursuit le médecin, Haïti ne compte qu’une vingtaine de psychiatres pour une population de plus de 9 millions d’habitants.

Généralement les psychologues haïtiens ne travaillent pas sur leur profession et le pays compte deux hôpitaux publics spécialisés dans la santé mentale, et tous deux sont situés dans le département de l’Ouest.

Les rares centres privés existant dans le pays ne sont pas vraiment fréquentés puisque les individus confrontant des problèmes de santé mentale se tournent généralement vers les églises ou vont consulter le prêtre vaudou, ajoute Dr Ernest.

Plus loin, le psychiatre Harrison Ernest dit apprécier à sa juste valeur l’importance des interventions d’ONG locales et internationales pour apporter un appui psychosocial au peuple haïtien après le 12 janvier. Cependant, fait-il remarquer, cette assistance peut-être assimilée à du saupoudrage puisque plusieurs institutions usent des mêmes techniques pour aider une population donnée alors qu’à d’autres endroits les gens ne sont pas touchés.

Le séisme du 12 janvier a provoqué un énorme traumatisme qui a entrainé des perturbations au niveau du psychisme collectif haïtien.

Comme conséquences l’on observe le développement de comportement anormaux comme le tremblement des membres, l’hyper vigilance, des troubles de mémoire, beaucoup de stress et d’angoisse, a précisé pour sa part le psychologue Gué Gabriel. 
Les Dr Ernest et Gabriel recommandent enfin aux autorités « d’adresser les vrais besoins des membres de la population pour leur redonner goût à la vie ».